La Dote et ses conséquences
« Cent millions de femmes manquent en Asie. » Bénédicte Manier, journaliste spécialisée dans les transformations sociales, explore les raisons de ce rejet collectif des petites filles. Tradition patriarcale, coût financier de la dot notamment transforment, depuis des siècles, la naissance d'une fille en un fardeau, celle d'un garçon en un cadeau du ciel. Avec l'arrivée de l'échographie en 1979, l'infanticide actif ou passif a, sans disparaître, souvent laissé la place à l'avortement sélectif. Dopé par le détournement des techniques de connaissance prénatale du corps médical, qui en a fait un « business florissant », le déficit de filles s'est creusé depuis vingt-cinq ans, amenant l'utilisation du terme « fœticide ». De l'Inde à la Chine, en passant par le Pakistan, l'Afghanistan, le Bangladesh, etc., l'auteure analyse les conséquences politiques et sociales de cette fracture démographique jamais observée dans l'histoire.

Dans la société
Nombre d'hommes pour 100 femmes
— Europe : 92,7
— Amérique du Nord
(Etats-Unis et Canada) : 96,9
— Amérique latine : 97,5
— Océanie : 99,5
— Afrique : 99,8
— Asie : 103,9
— Chine : 105,6
— Inde : 102,5
— Pakistan : 106,6
— Bangladesh : 104,5
— Taïwan : 103,8
— Indonésie : 100,6
L'Europe est le plus « féminin » des continents ; l'Asie, le plus « masculin ».
Au berceau, déjà
Nombre de garçons à la naissance pour 100 filles
— Chine : 117
(Jiangxi et Guangdong : 138)
— Inde : 111
(Pendjab : 126
Haryana : 125)
— Taïwan : 110
— Indonésie : 106
— Corée du Sud : 108
— Azerbaïdjan : 115
— Géorgie : 118
— Arménie : 120
Données de 2000.
Commentaires